L'architecte Fernand Pouillon (1912-1986) a réalisé de nombreux bâtiments à Aix-en-Provence, Marseille, leurs environs, mais aussi en Vaucluse. Son oeuvre est aujourd'hui étudiée, diffusée et fait l'objet d'une reconnaissance patrimoniale. Le centenaire de sa naissance figure parmi les commémorations nationales de l'année 2012. Des manifestations autour de l'oeuvre de Fernand Pouillon auront lieu dans notre région tout au long de l'année.
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Aix,
bibliothèque universitaire,
faculté de Droit |
Fils d’un entrepreneur en travaux publics d’origine marseillaise, Fernand Pouillon commence à 22 ans sa carrière par la construction d’immeubles de logements, d’abord à Aix-en-Provence, ensuite à Marseille.
Diplômé de l’École des beaux-arts de Paris en 1942 (Ateliers de Paul Bigot puis d’Eugène Beaudouin), il se fait remarquer par la réalisation du stade municipal d’Aix-en-Provence (1946), puis par l’ensemble de logements de la Tourette à Marseille. Les opérations des Deux cents logements à Aix (1951), puis des façades des immeubles du Vieux-Port de Marseille (1950-1953) lui assurent une notoriété qui l’amène à poursuivre sa carrière de bâtisseur à Alger (opération « Climat de France » en particulier), puis en Iran.
Il crée en 1955 une structure de promotion immobilière, le comptoir national du logement (CNL), qui lui permet la réalisation de remarquables ensembles de logements collectifs en Ile-de-France : Pantin (1957), Montrouge (1958), Meudon-la-Forêt (1959). Les difficultés de gestion amènent la liquidation de sa société à
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| Le Thor, coopérative agricole |
l’occasion de la réalisation de l’ensemble du Point-du-Jour à Boulogne-Billancourt avec, comme conséquence la ruine, le scandale, la prison et l’interdiction d’exercer.
L’Algérie devient alors une seconde patrie pour Fernand Pouillon ; de 1964 à 1984, il y réalisera de nombreux programmes, notamment plusieurs complexes hôteliers (Ghardaïa, Sidi-Ferruch, Tipaza, etc.).
Amnistié en 1971 par Georges Pompidou, il sera élevé par François Mitterrand en 1984 au rang d’officier de la Légion d’Honneur. Il décède en 1986 dans son château de Belcastel dans l’Aveyron qu’il avait relevé de la ruine.
L’architecture de Fernand Pouillon reste caractérisée par une remarquable recherche d’innovation constructive, un souci permanent du contexte et une constante volonté d’associer à ses réalisations ses amis artistes, céramistes notamment.
François Goven,
Inspecteur général de l’architecture et du patrimoine
in Commémorations nationales 2012. Paris : Ministère de la culture et de la communication,
Direction générale des patrimoines, Archives de France, Mission aux commémorations nationales, 2011
En Vaucluse, Fernand Pouillon a aussi participé, entre 1938 et 1941, à la création ou l'agrandissement de caves coopératives à Châteauneuf de Gadagne, Le Thor, La Tour d'Aygues et Sablet (En association avec Henri Enjouvin).
Dans les Bouches-du-Rhône, à la même période, à celles des caves coopératives de Senas, Graveson, Maillane, Eygalières, Mallemort, Saint-Andiol (En association avec Henri Enjouvin).
En Ardèche, à celles des caves coopératives de Rosières, Lussas, Vinezac, Voguë, Lablachère, Labastide de Virac (En association avec Henri Enjouvin).
A Avignon : il a réalisé la Cité administrative( 1953), la cité Croix des Oiseaux (1955-61), les logements sociaux La Montagnette (1955-1957), entre autres.
A Fontvieille, il réalise en 1950 pour la carrière, les bureaux, un logement et l'atelier. Il utilise par ailleurs la pierre de Fontvieille dans des réalisations comme les cités d'Alger.
Aux Baux-de-Provence, dessine vers 1960 pour le propriétaire du restaurant L'Oustau de Baumanière des écuries qui seront transformées en chambres d'hôtel...
A Marignane, il participe à la réalisation de l'aéroport Marseille-Provence. L'aérogare qu'il conçoit est inaugurée en 1961. D'une superficie de 19000 m², elle a été conçue pour 3 millions de passagers, soit le triple du trafic de l'époque.
A Marseille, il a réalisé, en 1948, l’ancienne Station Sanitaire Maritime, en collaboration avec les architectes Champollion et Egger. À l’occasion de l’année Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture en 2013, la Fondation Regards de Provence dont ont a pu admirer une partie de la collection, l'été dernier, au musée Vouland (Avignon), réhabilite et installe son futur musée dans ce bâtiment. Labélisée Patrimoine du XXème siècle, la station est intimement liée à l’histoire de Marseille et à son port. Voir l'article de La Provence
En savoir plus : http://fernandpouillon.com/index.html et www.ma-lereseau.org/paca/, DVD Fernand Pouillon, le roman d'un architecte. Film documentaire de Christian Meunier – 52 min. et 20 séquences complémentaires (bonus) – 50 min. Responsable d’édition : Bruno Jourdan - Image de ville. Livret de présentation de l’édition avec la contribution de Jean-Lucien Bonillo et Catherine Sayen.